DISPARITION : Pierre Tchernia s'est éteint à l'âge de 88 ans


Le pionnier de la télévision française nous a quittés. Son agent et son fils ont annoncé la nouvelle ce samedi 8 octobre.

 

Un monument de la télé et du cinéma populaires vient de disparaître. Pierre Tchernia est mort dans la nuit de vendredi à samedi, il avait 88 ans. Affaibli, il vivait dans une maison de repos en région parisienne depuis plusieurs années. On le surnommait « Monsieur Cinéma », en référence au titre de l'émission qu'il anima pendant de longues années, une première fois sur l'ORTF entre 1967 et 1972, puis sur Antenne 2 entre 1975 et 1980.

 

Précurseur et touche-à-tout

Dès 1949, Pierre Tchernia fait figure de pionnier de la télévision française, aux côtés de Pierre Dumayet, Pierre Sabbagh, Jean-Marie Coldefy et Georges de Caunes. Ensemble, ils créent le premier journal télévisé, sans présentateur, diffusé le 29 juin 1949 sur la RTF. Le début d'une longue histoire d'amour entre Pierre Tchernia et le petit écran.

« La Boîte à sel », « La Clé des champs », « Discorama », « L'Ami public numéro un »… Pendant les années 50 et 60, Pierre Tchernia invente les codes d'un médium télévisuel encore balbutiant. Sur la RTF d'abord, puis sur l'ORTF à partir de 1964, il multiplie les formats avec l'enthousiasme et la liberté des premiers explorateurs, dans tous les domaines : culture, jeu télévisé, humour satirique, émission de jeunesse ou de variétés, micros-trottoirs, interview, caméra cachée, etc. 

En 1965, il coanime le magazine politique « Cinq colonnes à la une ». À partir de 1966, Pierre Tchernia devient l'ambassadeur du cinéma à la télévision. D'abord avec « Septième art, septième case », puis avec « Monsieur Cinéma », une émission mythique dans laquelle il forme un tandem avec le compère fidèle Jacques Rouland. Dans les années 80, le duo poursuit sa collaboration dans « Mardi Cinéma ».

 

De « Monsieur Cinéma » à Pierre « Magic » Tchernia

Pendant toutes ces années, l'amour de Pierre Tchernia pour le cinéma déborde du cadre de la télévision et s'incarne sur grand écran. L'homme est tour à tour réalisateur (« Le Viager » en 1971, « Bonjour l'angoisse » en 1988), acteur dans des seconds rôles (garde-champêtre dans « La Guerre des boutons » en 1962, président de jury dans « Le Petit baigneur » en 1968), scénariste (« La Belle américaine » en 1961), ou auteur des adaptations cinématographiques des bandes dessinées de René Goscinny. 

Dans les années 90 et 2000, la participation de Pierre Tchernia à l'émission « Les enfants de la télé » fait (re)découvrir aux Français de tous âges la personnalité et le parcours immense du pionnier.

Aux côtés d'Arthur, dans une ambiance de camaraderie qui a été l'un des fils conducteurs de son parcours, sa bonhommie, son humour et son regard aiguisé sur les programmes d'hier et d'aujourd'hui donnent à Pierre « Magic » Tchernia, dans l'inconscient de chacun, l'image d'un oncle attachant… Qui aura veillé pendant soixante ans sur plusieurs générations de téléspectateurs.

 

Archives INA

1960, « La Boîte à sel », où l'on raille la censure sans crainte :

 

1962, Pierre Tchernia interviewe Walt Disney pour « Cinq colonnes à la une » :

 

1963, un sketch avec Pierre Tchernia, Jean Poiret et Michel Serrault :

 

1975, Bernard Pivot interviewe Pierre Tchernia, qui évoque ses origines :

 

1975, Pierre Tchernia interviewe Jean-Pierre Marielle pour le film culte « Les galettes de Pont-Aven » :

 

1976, Pierre Tchernia présente la nouvelle formule de « Monsieur Cinéma » :

 

1986, William Leymergie interviewe Pierre Tchernia sur l'histoire et le devenir de la télévision :

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Pierre Tchernia  Mort  Monsieur Cinéma  
 

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